Mot duprésident                                                                                      25 février 2019

Des réponses non satisfaisantes

En concluant mon Mot précédent, j’espérais pour 2019 des jours meilleurs : il est vrai que nous bénéficions en ce moment d’un temps printanier avant l’heure, avec le risque de gelées tardives venant compromettre l’éveil de la nature, mais le climat social s’est –il pour autant assagi ? Depuis plus de trois mois, nos weekends sont sérieusement perturbés par un mouvement coloré, qui semble vouloir perdurer. Il y a certes un mécontentement général persistant, que  les diverses mesures prises n’ont pas encore atténué. Mais s’il a  le droit de s’exprimer, ce mouvement ne doit pas pour autant se traduire par des violences et porter atteinte à ceux qui travaillent. Il est donc grand temps que le grand débat  ouvert et qui s’achèvera dans moins d’un mois débouche sur des mesures concrètes. A la suite de la lettre à tous les Français par le Président de la République invitant à participer à ce grand débat,  certains ont pu le faire  d’une manière ou d’une autre, oralement ou par l’écrit, et remarqué qu’il manquait deux mot dans cette lettre : pouvoir d’achat.  La source de notre mécontentement de pensionnés ne vient-elle pas de là ?  Nos pensions n’auraient-elles pas mérité mieux qu’une augmentation de 0,3% au 1er janvier après une année 2018  blanche , alors que l’inflation selon l’indice INSEE se situe à 1,7% ? Cela a été dit au Conseil Supérieur des Gens de Mer (CSGM) qui s’est tenu le 21 février et dont vous trouverez le compte-rendu dans ces pages.

Nous avons reçu en début de ce mois avec lettre d’accompagnement de nos deux ministres les réponses aux motions de notre 95eme congrès sous forme de 7 fiches  bien développées que vous pourrez lire dans ces pages. Elles ne sont pas pour autant satisfaisantes car elles ne répondent pas à nos demandes. Deux d’entre elles  marquent une très légère ouverture, quand on lit : « Cette question pourrait  néanmoins être évoquée dans le cadre des discussions qui interviendront dans le cadre de la refondation des retraites en cours de réflexion ». Nous ne sommes évidemment pas dupes. C’est la raison pour laquelle, lors du CSGM, nous avons demandé que le groupe pensions, qui ne s’était pas réuni depuis octobre 2017, le soit avant sa prochaine session, afin  d’étudier plus avant les problèmes que nous avons soulevés. Concluons sur ce point que nous devrons persévérer et reprendre ces motions .

Dans la perspective de la réforme des retraites, qui ne nous concerne pas directement, puisqu’elle  n’interviendra que pour les actifs et dans les 5 ans qui suivront la promulgation de la loi, mais ne pouvant nous en désintéresser, nous avions demandé il y a plusieurs mois à rencontrer Monsieur Jean-Paul DELEVOYE, haut-commissaire chargé par le Président de la République, de préparer cette réforme des retraites. Cette rencontre a eu lieu le 20 février à l’Assemblée Nationale. Vous en lirez le compte-rendu succinct dans ces pages. Pour préparer cette rencontre, nous avions adressé à tous les  présidents d’association un questionnaire sur l’ENIM. Les réponses reçues, individuelles ou collectives,   permettent de dégager  des grandes lignes : les caractères spécifiques et les contraintes liées au métier justifient notre régime particulier ; des acquis doivent être conservés : l’âge de la retraite, les dispositions  particulières pour les veuves, l’indexation des pensions sur l’inflation ; pas de pension inférieure au minimum légal ; d’une manière générale le régime donne satisfaction. Le Haut-Commissaire, à qui nous avons remis  cette étude, nous a paru très au courant des spécificités de notre régime social et des contraintes liées aux métiers de la mer. Il ne nous a  pas caché que les 42 régimes spéciaux  devaient   rejoindre un régime unique qui soit plus égalitaire, mais qu’il serait tenu compte des particularités. Il n’a pas éludé les problèmes posés par la réversion. Il préconise, comme cela a été écrit dans la presse, une indexation des pensions sur l’augmentation moyenne des salaires plutôt que sur l’inflation, ce qui serait une bonne  chose, mais non sans poser quelques difficultés. Tous comptes faits, cette rencontre a été utile, mais rien ne nous a été promis.

En concluant ce mot, je suis bien conscient que nous n’avons  pas réglé tous les problèmes, que nous n’avons pas obtenu totalement satisfaction pour l’AFN, que  celui des veuves oubliées nous préoccupe, comme celui des veuves de pensionnés victimes de l’amiante. Pour cela nous avons besoin de votre soutien en tant qu’adhérents, nous  avons besoin de forces vives pour prendre le relais des responsables au niveau de la Commission des Affaires sociales, qui va se réunir le 4 mars, au niveau des associations dont certaines sont menacées faute de relève. Avec cette  embellie printanière, osons malgré tout espérer, que nos appels seront entendus.

J.Schirmann