Mot du président                                                                                          1er juin 2020

Le congrès de la Ciotat reporté

Il y a trois mois, je terminais mon Mot sur des actualités moroses, osant espérer un printemps plus clément. Il n’en fut rien, puisque le virus qui sévissait en Chine, a gagné le monde entier, et a généré de nombreux décès. Il a conduit nos gouvernants à prendre des mesures drastiques, dont le confinement  qui nous a été imposé. Si le printemps précurseur d’un été chaud est bien au rendez-vous, la phase 2 de ce déconfinement commence seulement demain et permet d’espérer des jours meilleurs. Nous nous sommes interrogés : fallait-il dans ces conditions maintenir notre congrès de la Ciotat ? La situation sera-t-elle redevenue normale fin septembre ? Même si cela est hautement  souhaitable, personne à ce jour ne peut encore l’affirmer. C’est pourquoi, après avoir interrogé tous les membres du conseil fédéral, nous avons recueilli une très forte majorité  pour l’annulation et le report de ce congrès en ce même lieu de la Ciotat en septembre 2021. Percevant  l’inquiétude de nos adhérents qui a pu aussi nous toucher personnellement, cette décision,  prise avec regret, a paru sage et raisonnable dans le contexte d’aujourd’hui.

Nous devons  cependant procéder avant la fin de l’année, à nos réunions statutaires, d’autant que nos réunions de printemps qui étaient prévues  le 15 avril ont dû être annulées. Ces réunions sont dès à présent programmées, selon encart prévu dans ces pages,  dans  un hôtel de la région nantaise, où nous étions réunis en 2006 pour le  83eme  congrès. L’assemblée générale reste bien entendu ouverte à celles et ceux qui pourront  s’y rendre. Espérons encore qu’aucun évènement extérieur ne viendra plus les perturber.

J’insiste tout particulièrement auprès de présidents d’association pour qu’ils soient présents ou représentés à ces réunions, car nous avons des décisions importantes à prendre qui conditionnent l’avenir de la Fédération. Trois membres du Bureau, qui ne renouvellent pas leur mandat,  doivent être remplacés. Vous les connaissez : le trésorier fédéral, la présidente de la région Corse, et votre serviteur. De même que des renouvellements de présidence sont intervenus au niveau des associations, Eric BOURGAIN pour la Charente Maritime, Emile BOUTILLIER pour l’association de Boulogne, qu’il faut saluer, je ne désespère pas que la Fédération  saura trouver en son sein un nouveau président pour assurer la relève. La Fédération, comme les associations, ont besoin de sang neuf et de forces vives, pour défendre les acquis, voire progresser, dans un contexte qui sera toujours plus difficile.

 Vous trouverez dans ces pages les réponses à nos motions du congrès de Saint-Brieuc qui nous sont  parvenues très tardivement après la mise en page du précédent Demi-Soldier. Ces réponses sont loin de répondre à nos interrogations. Concernant  la fiche n°5, indemnisation de l’invalidité partielle Permanente (IPP) , on notera une timide ouverture : la possibilité d’adopter une mesure similaire….devra être étudiée par les tutelles de l’ENIM. Concernant  la fiche n°6 sur le pouvoir d’achat et l’amélioration des petites pensions cette question devrait pouvoir être évoquée dans le cadre de la réforme globale des retraites- Or cette réforme est aujourd’hui reportée sine die !  Ces réponses qui s’apparentent plus à des fins de non-recevoir, nous déçoivent. Notre prochaine commission des affaires sociales (CAS) devrait les reprendre.

Le monde maritime a gravement souffert des méfaits du corona virus : ralentissement  considérable des échanges maritimes, arrêt de toutes les croisières – 340 paquebots de croisière  désarmés, - difficulté pour  les relèves des équipages confinés à bord ou bloqués aux frontières – difficultés pour la pêche en raison de la mévente du poisson (générée par la fermeture des restaurants), sans compter les difficultés liées au brexit dont les négociations  piétinent, voire sont bloquées.

Dans  sa lettre, répondant aux félicitations que je lui ai adressées pour sa récente nomination, le président d’Armateurs de France ne cache pas que la période que nous vivons va être d’une complexité extrême à gérer pour notre secteur d’activité. Si je lui ai adressé des félicitations, c’est bien parce qu’il s’agit d’un marin, qui  souhaite contribuer à créer une nouvelle ambition maritime pour notre pays et qui a déclaré dans un hebdomadaire  bien connu  qu’ il sera un fervent défenseur du pavillon et des marins français. Il l’a déjà prouvé en créant sa propre flotte de petits paquebots de croisière.

Dans ce contexte plus que morose, je voudrais terminer ce mot  par une note d’optimisme. Selon l’hebdo cité, en six mois, la flotte de transport française  a gagné 11 navires et en a perdu 2 ; la flotte de service en a gagné 8 pour 4 sorties. Au total, le pavillon français compte 428 navires de plus de 100 UMS dont 186 de transport et 242 navires de service. La difficulté aujourd’hui serait plus dans le recrutement des équipages qualifiés.

Le précédent Demi-Soldier n°296 est arrivé très tardivement  pour des raisons liées au corona-virus qui ont sérieusement perturbé les services de la poste. Je ne peux que souhaiter un retour à la normale pour la distribution de celui-ci, et en même temps vous souhaiter un bon été malgré tout.

J.Schirmann