Mot du Président                                                                                          Décembre 2018

Mécontentement persistant

Ce bulletin que vous allez découvrir est essentiellement consacré au compte rendu de notre 95eme congrès national de Dunkerque qui s’est tenu le 30 septembre. Il s’est bien déroulé sur le plan logistique et il y a tout lieu d’en remercier les organisateurs André DASSONVILLE président de l’Association locale des pensionnés, assisté de notre trésorier fédéral, et les représentants de la municipalité. Il n’a pas rassemblé autant de congressistes que les congrès qui s’étaient tenus en cette ville en 1990 et en 2005, signe des temps, mais je remercie  celles et ceux qui ont fait l’effort de venir et de nous soutenir.

Nous avons regretté une fois de plus l’absence des ministres qui étaient dûment invités. La ministre des transports, qui n’avait pas répondu à mon invitation, s’était faite représentée  par le directeur adjoint des territoires et de la Mer ;  le Directeur de l’ENIM et le Président du Conseil Supérieur des Gens de mer ont été bien présents.

Nous avons adressé  à nos autorités de tutelle  les motions élaborées par la commission des Affaires sociales et adoptées par le conseil fédéral, que vous pourrez lire en préambule de ces pages, avant l’ensemble des discours qui ont été prononcés.

Les réponses du directeur de l’ENIM nous sont parvenues au terme du mois qui a suivi le congrès. Malgré cette célérité à nous répondre, nous ne sommes pas satisfaits de ces réponses qui peuvent se résumer  à : « L’ENIM applique le droit, et renvoie aux ministères de tutelle ».  Notons seulement de très petites ouvertures : notre présence au Conseil d’Administration de l’ENIM, revendiquée depuis des années, «  ne peut être envisagée sans modification de son statut, sujet à l’étude pour faire des propositions aux ministères concernés ». Dans l’immédiat, nous devons nous contenter du Comité des Parties Intéressées (CPI) qui est un premier pas.

Quant au service social maritime (SSM), la participation de l’ENIM se fait par un financement  important qui n’est pas remis en cause, certes, mais qui est amputé de 3%. Pour ce qui est du  pouvoir d’achat, ce n’est qu’un rappel des trop faibles augmentations intervenues ou non ces dernières années, et des 0,3% d’augmentation  annoncés pour le 1er janvier 2019.

A la lecture de ces réponses, nous restons donc dans le mécontentement général  exprimé lors du congrès et traduit  en titre du Mot du précédent bulletin. Si nous exprimons des motions, c’est bien pour tenter de faire évoluer le droit  et signaler des situations injustes ou anormales  qu’il convient de faire évoluer. Au fil des années, sans vouloir en faire le catalogue, nous avons obtenu avec la compréhension de nos autorités de tutelles certaines évolutions positives, la dernière en date étant  la  prise en compte des services AFN, mais il a fallu près de 20 ans !

A ne pas entendre ce mécontentement qui est général, il est à craindre que des débordements graves surviennent, comme on l’a vu ces derniers jours, non voulus certes par les organisateurs. Comment exprimer ce malaise général autrement que par  descendre dans la rue ?  La Fédération Nationale des Associations de retraités a proposé  à ceux qui le souhaitent d’apposer  leur signature à une lettre-pétition au Président de la République. Nous avons relayé cette proposition. Cette démarche permettra-t-elle de renouer un dialogue absolument nécessaire pour sortir de cette crise ? Nous le souhaitons.

Une de mos motions, comme chaque année, concerne la politique de la mer. Une réponse indirecte nous est parvenue par l’intermédiaire du Comité Interministériel de la Mer (CIMER) qui s’est tenu à Dunkerque le 15 novembre : 82 mesures ont été annoncées, concernant les ports, la promotion des filières maritimes, la protection de la mer, une économie maritime et portuaire à l’échelle  des défis du XXIème siècle… Le lendemain de ce CIMER, le président du Cluster Maritime Français  et les ministres concernés ont été reçus par le Président de la République, qui a réaffirmé son souhait de construire une véritable stratégie maritime, cohérente, ambitieuse….Cela était  de bonne augure avant  les Assises de l’Economie Maritime qui se sont tenues à Brest les 27 et 28 novembre. Osons espérer que les actes suivront pour cette politique ambitieuse voulue  par le Président de la République.

Vous lirez  dans ces pages  le compte rendu Conseil Supérieur des gens de mer (CSGM) qui s’est tenu le 23 novembre. L’avenir de notre régime y a été longuement évoqué dans le cadre de la réforme des retraites : il est clair que cette réforme ne concernera pas les  pensionnés que nous sommes, mais seulement les actifs au-delà des 5 ans à venir. Il est souhaitable que soient prises en compte les spécificités et les contraintes des métiers de la mer.

L’exposé de Monsieur Jean-François JOUFFRAY, président du CSGM, qui était notre invité d’honneur, en tant que bon connaisseur de l’ENIM et de la protection sociale des marins de  par ses fonctions antérieures,  permettra de mieux comprendre le fonctionnement de cette institution consultative auprès des ministres,  où nos 3 représentants  peuvent s’exprimer librement, au cours  des 3 réunions annuelles.

Au terme de ce Mot, et malgré la grisaille d’un temps d’automne  et de l’actualité, je souhaite à toutes et à tous une bonne fin d’année et la perspective de jours meilleurs pour 2020.

J.Schirmann