Mot du président                                                                                     18 septembre 2017

A l’heure des réformes

Dans mon précédent Mot, où je déplorais, comme tant d’autres, que la mer était oubliée, je pensais et espérais que l’organisation du gouvernement n’était que provisoire et qu’après les échéances législatives, un remaniement interviendrait donnant une place plus honorable à la mer : il n’en a rien été. Le deuxième gouvernement de Monsieur Edouard PHILIPPE a confirmé Madame Elisabeth BORNE dans sa fonction de ministre des Transports auprès du ministre d’Etat  Monsieur Nicolas HULOT, ministre de la transition écologique et solidaire. La mer est-elle pour autant retrouvée, quand on voit dans le cursus de la ministre que son expérience passée est essentiellement celle des transports terrestres et publics, et que parmi ses cinq conseillers, l’un d’eux est en charge de l’aérien, du budget et des transports maritimes ? De même, chez le ministre d’Etat, un conseiller est en charge de la biodiversité, de l’eau , de la mer, et des territoires. Les observateurs avertis du monde de la mer s’interrogent : comment fonctionnera ce duo, comment s’entendra-t-il sur des sujets sensibles, tous deux ayant des caractères bien trempés ?

Dans son discours de politique générale devant l’Assemblée Nationale le 4 juillet, nous nous attendions à ce que le Premier ministre, dont on dit qu’il a la fibre maritime, prononce quelques mots sur la mer. Sauf à n’avoir pas su lire entre les lignes, il n’en a rien été : il a évoqué un grand plan d’investissement de 50 milliards pour la transition écologique permettant le développement des compétences dans les domaines de la santé, des transports, de l’agriculture, de la modernisation de l’Etat. Osons espérer que ce plan inclura un volet maritime pour le commerce et la pêche.

La veille, dans son discours devant les deux Chambres réunies à Versailles, le Président de la République n’a rien dit sur la mer, ce qui n’est pas une surprise puisqu’il s’agissait pour lui de présenter les grands principes qui vont guider son action. Je ne citerai qu’une phrase de sa conclusion : « Ce que nous avons à accomplir est une véritable révolution… ».

Nous l’avons compris : nous sommes à l’heure des réformes, dont certaines sont déjà bien entreprises. Dans un monde qui bouge, pratiquer l’immobilisme serait une erreur. Mais ces réformes, que le Premier ministre qualifie plutôt de transformations, si nécessaires soient-elles, doivent se faire dans la concertation. L’une d’elle, qui était dans le programme du candidat devenu Président de la République,   va pénaliser un certain nombre d’entre nous et passe mal : l’augmentation du taux de la CSG, au nom de la solidarité intergénérationnelle, pour tous les retraités qui perçoivent  une pension supérieure à 1200 €. Est-ce  être riche à partir de ce niveau ? N’est-ce pas prendre le risque une nouvelle fois d’opposer actifs et retraités, ces derniers qu’une mauvaise presse qualifie parfois de nantis ? Des compensations devront être obtenues  car beaucoup ne bénéficieront pas de l’allégement de la taxe d’habitation, autre réforme qui se profile à l’horizon.

Dans son programme, le candidat avait annoncé la réforme des régimes de retraite et plus particulièrement des régimes spéciaux, pour les fondre à terme en régime unique, ces réformes ne devant concerner que les nouveaux entrants à plus de 5 ans de la retraite.  Notre vigilance a été alertée dernièrement par l’annonce de celle du régime de la SNCF à partir de 2018. Pour ce qui nous concerne, conscients que notre régime doit évoluer, nous avons eu connaissance lors du dernier CSGM de la Convention d’Objectifs et de Gestion qui va lier notre Etablissement à l’Etat pour les 5 ans à venir. L’objectif est ambitieux mais sévère : faire mieux avec moins. Nous demanderons à être associés à cette évolution qui doit tenir compte de la spécificité de nos métiers.

A ce même CSGM, nous sommes intervenus pour dénoncer l’application qui est faite de l’article 48 de la loi dite sur l’économie bleue, à savoir la possibilité de réviser les pensions liquidées avant le 19 octobre 1999 pour ceux qui ont servi en AFN. L’application de cette disposition crée plus de mécontents que de satisfaits. En effet, les attestations délivrées par les services de la Défense ne correspondent pas à la réalité vécue sur le terrain par les intéressés. Vous lirez dans ces pages l’échange de  correspondance à ce sujet au cours de l’été.. Nous aurons bien entendu une motion forte lors du  congrès pour demander que soit prise en compte la totalité su séjour en AFN.

A ce jour, où j’écris ce Mot,  n’ayant (encore) reçu aucune réponse des ministres invités, nous .considérons cela comme un manque de considération à notre égard. Par contre, j’ai  l’assurance de la présence du directeur de l’ENIM et de ses adjoints  et des autorités locales. C’est donc devant eux que seront présentées nos doléances et souhaits d’ordre social en leur demandant d’’en être les porteurs.

Je ne peux terminer ce Mot sans avoir une pensée pour les victimes du terrible cyclone IRMA, dont vous avez pu mesurer les dégâts. C’est aussi  une pensée très personnelle, puisqu’au début de ma présidence, le 18 janvier 1995,  accompagné par le Président de la Guadeloupe Roger ANNEROSE, je m’étais rendu à Saint-Barthélemy, où j’avais rencontré une quinzaine de pensionnés relativement âgés.

En attendant de vous le dire de vive voix, je remercie par avance toutes celles et ceux qui viendront nous soutenir à ce 94eme congrès des Sables d’Olonne le 1er octobre prochain. Je remercie également les organisateurs, en souhaitant aussi, qu’en dépit de nos déceptions, il soit aussi une réussite au cœur de cette belle région.

                                  

                                                                                                          J.Schirmann